La guerre des formats HD

Blu-ray vs. HD DVD Après le franc succès du DVD (Digital Versatile Disc) sorti en 1997, de nouveaux supports s’affrontent pour nous offrir à nous, […]

Blu-ray vs. HD DVD

Après le franc succès du DVD (Digital Versatile Disc) sorti en 1997, de nouveaux supports s’affrontent pour nous offrir à nous, cinéphiles, d’avantages de nouveautés tant au niveau de l’image que du son! N’arrivant à aucun accord pour mettre sur le marché un format standard, Sony sorti son Blu-ray Disc et Toshiba, son HD DVD.

Qu’est ce que le HD DVD?

HDDVD_LOGO

Malgré le logo permettant de faire la transition entre les formats, l’HD-DVD ne connaîtra pas le succès de son prédécesseur.

Le HD DVD (ou connu autrefois sous le nom de Advanced Optical Disc) était un format de stockage développé par NEC et Toshiba et qui permettait le stockage de données allant jusqu’à 30 Go en double couche pour les disques pressés (contre 15 en simple couche)… Ce qui était légèrement inférieur à son concurrent. Il était présenté comme les disques actuels à savoir 12 cm sur 1,2 mm…

Au niveau de la vidéo, il va sans dire que les algorithmes de compression vidéo tels MPEG-2, MPEG-4 AVC (H.264) et VC-1 étaient utilisés pour l’encodage des films.

Au niveau de l’audio, le Dolby Digital actuel et le MPEG étaient obligatoirement rajoutés au Dolby Digital Plus (avec perte) et le DTS (format avec perte). Le LPCM 2 canaux, qui peut être utilisés sur les DVD était également obligatoire. On notera aussi le DTS HD utilisé en tant qu’option pour l’audio sans perte.

 

 

Blu-ray Disc

HD DVD

Fondateurs de format Sony Corporation
Royal Philips Electronics
Toshiba Corporation
Hitachi Corporation
Capacité ROM simple couche : 23,3/25 Go
ROM double couche : 46,6 / 50GB
Simple couche RW : 23.3/25/27GB
RW double couche : 46.6/50/54GB
Test plus élevé : 100 Go
Limite théorique : 200 Go
Simple couche : 15 Go
Double couche : 30 GoTest plus haut : 45 Go
Limite théorique : 60GB
Codecs MPEG-2
Microsoft Video Codec 1 (aka VC1, WMV HD, etc.).
AVC H.264 4
AC 3 Dolby Digital, DTS, PCM linéaire
Facultatif : Dolby Digital Plus, Dolby TrueHD, DTS HD
MPEG-2
Microsoft Video Codec 1 (aka VC1, WMV HD, etc.).
AVC H.264 4
Dolby Digital AC 3, DTS, PCM linéaire, Dolby Digital EX, Dolby Digital Plus, Dolby True HD
Facultatif : DTS HD
Taux de transfert de données 36 à 48 MBPS (mégabits par seconde) moyenne capables de jusqu’à 54 députés 36 Mbits/s (mégabits par seconde)
Sécurité Sortie HDCP chiffré obligatoire
Technique de tatouage de marque de la ROM
BD + dynamique crypto (couche physique)
Advanced Access Content System (AACS)
Sortie HDCP chiffré obligatoire (pour HD)
Identificateur de volume (couche physique)
Advanced Access Content System (AACS)
Capacité du réseau Bien que le format Blu-ray prenne en charge la mise en réseau et connectivité internet, construit dans la mise en réseau et les ports Ethernet sur chaque Blu-ray Disc joueurs est facultative. Tous les lecteurs HD DVD sont obligés de se réseau activé et être équipé d’un bâti en Ethernet port de téléchargement de mises à jour firmware et autres fonctionnalités interactives.

Les supports privilègiés par les différents membres de la MPAA:

HD-DVD_samplesC’est une première historique sur le marché de l’audiovisuel de voir deux formats à la disposition des majors d’Hollywood. En 2005,  des contrats d’exclusivités sont signés d’un coté Universal et Disney choisissent le B-RD comme support pour leurs films, de l’autre la Paramount, New Line et Warner Bros pour le HD DVD. cela signifiait que des films qui sortaient sur un support ne verraient jamais le jour chez l’autre.

C’est donc cette même année que 20th Century Fox choisit aussi le Blu-ray Disc, et égalise ainsi les forces. Et à l’automne 2005, Paramount et Warner décident de soutenir les deux formats, pendant que New Line se met en veilleuse.

À partir de là, le Blu-ray a pu compter sur un catalogue et une part de marché au box-office plus significatifs. Le HD DVD essaiera à quelques reprises de s’attirer les faveurs de Disney et de la Fox. Mais n’en obtiendra que la Paramount. C’était le début de la fin.

Contenant ou contenu ?

Le concept de Toshiba était le suivant : le choix des films n’est pas un problème. Il va inonder le marché de platines à bas prix, et veut charmer les technophiles avec des fonctions avancées. En espérant qu’un jour, les autres Studios ne pourront pas ignorer cette masse critique et se plieront à Toshiba.

En face, Sony et son Blu-ray Disc avait choisi la stratégie inverse : le contenu avant tout. Sony a estimé qu’une boîte reste une boîte, et que la meilleure carte de visite du B-RD était la haute définition – et donc la possibilité de voir ou revoir les films dans des conditions incomparables.

Tandis que Toshiba menait la course en tête dans la vente de platines, Sony et ses copains ont pris les rênes du box-office vidéos fin décembre 2006 aux États-Unis, et quelques mois plus tard en Europe, et n’ont pas été rejoint depuis.

Le «blackout» des fêtes 2006 :

Toshiba a vu là une occasion rêvée pour prendre possession du marché naissant de la haute définition : la période des fêtes de fin 2006. Une campagne marketing globale avait été montée par le fabricant nippon en partenariat avec Warner et devait être lancée dans les principaux marchés mondiaux, avec une forte présence des platines en rayon.

A cette époque Sony se battait pour fabriquer assez de PS3 pour son lancement au Japon et États-Unis. L’Europe, elle, avait été privée de PS3 jusqu’au début du printemps suivant et que le choix des platines Blu-ray se résumait à 3 ou 4 modèles terriblement chers et lents.

Mais la précipitation, un aléa industriel ou un souci de fabrication ont contraint Toshiba à renoncer à ses plans et à rater la période des fêtes de fin d’année. Les platines et une partie de la campagne marketing seront reportés aux premiers mois de 2007 mais à une époque beaucoup moins favorable aux dépenses des ménages.

La PS3 :

ps3_5th_remote_dealToshiba a imaginé que le marché de la vidéo haute définition suivrait un modèle traditionnel, basé sur la vente des platines de salon. Contrairement à Sony qui a parié une part significative de ses ressources pour faire passer le message que la PS3 était en réalité un formidable centre de loisirs pour la maison, capable à la fois de lire des jeux et des films (et capable de fonctions « media center »). Les cibles initiales n’étaient plus les mêmes : plus cinéphiles pour le HD DVD, et plus dépensières pour le Blu-ray.

En 2007, la PS3 a surmonté ses obstacles logistiques et est devenu une locomotive de vente des Blu-ray à un niveau jamais anticipé.

Plus encore, le B-RD a fini par rattraper le HD même sur le terrain des platines dédiées aux États-Unis (malgré des prix 2 fois plus élevés) et depuis il mène la course en tête.

PS3 vs Xbox 360 :

xboxps3zs4Chacun des deux géants a dû panser ses blessures : Sony a été contrainte de baisser ses prix (et éloigner un peu son retour à la rentabilité) pour vendre davantage de PS3. Et Microsoft a détaché un gros chèque pour corriger ses soucis d‘« anneaux rouges de la mort » (taux de retour des Xbox 360 en SAV très important).

Et dans le secteur de la haute définition, on serait tenté de dire qu’il n’y a jamais eu de véritable guerre. Le Blu-ray est un élément essentiel de la PS3, alors que la Xbox 360 s’est contentée d’un lecteur externe optionnel.

Pour ne pas déstabiliser l’architecture de la Xbox 360, Microsoft n’a jamais gratifié le HD DVD d’une solution intégrée « tout en un ». Son intérêt était dans la VOD. La PS3 a toujours eu le champ libre pour faire ce qu’elle voulait. Qui plus est, Microsoft n’a pas fermé la porte à l’arrivée d’un lecteur Blu-ray sur sa console même si, à priori, ils ne devraient pas le commercialiser eux-mêmes.

Marketing :

Tandis que le Blu-ray vendait des disques et bâtissait la confiance des grands revendeurs, le HD DVD s’est empêtré dans des promesses qu’il n’a pas su résoudre. La baisse de prix des platines leur aurait permis d’atteindre une masse critique.

La grande distribution :

Avec sa logique de prix sacrifiés, Toshiba a empêché de fait l’arrivée d’autres fabricants de 1er plan, mais a fini aussi par se mettre à dos les acteurs principaux de la grande distribution.

Avec ses prix coûtants, Toshiba est entrée dans une logique de vente en volume qui n’existera pas encore avant 3 ou 4 ans. De plus, et malgré les idées reçues, la haute définition a eu un démarrage plus significatif que celui du DVD en son temps. Après avoir passé un an à voir des clients potentiels leur passer sous le nez faute d’une fin de la guerre des formats, les revendeurs ont vu l’annonce de Warner comme l’occasion rêvée d’en finir une fois pour toutes avec l’incertitude.

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Créateur et rédacteur en chef du blog "Le Blu-rayphile" Cinéphile depuis ma tendre enfance, je suis connu sous l’alias du Blu-Rayphile, du fait de mon amour pour le B-RD qui retranscrit à merveille le média qui à forger ma personne.

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