[Critique] Instinct de Survie

Vous rêvez de plage, de profitez du soleil, des planches de surf et des jolies poupées en bikini? Bonne nouvelle, Instinct de Survie va vous rappeler que vous avez peut-être bien fait de ne pas partir cet été! Est-ce que vous avez bien fait d'acheter un ticket? Ça reste à voir...

Instinct de survie

Titre original : The Shallows

 Un film de : Jaume Collet-Serra

Avec : Blake Lively, Angelo Lozano Corzo, Jose Manuel Trujillo Salas, Sedona Legge, Óscar Jaenada, Brett Cullen, un requin et une mouette

Nancy surfe en solitaire sur une plage isolée lorsqu’elle est attaquée par un grand requin blanc. Elle se réfugie sur un rocher, hors de portée du squale. Elle a moins de 200 mètres à parcourir à la nage pour être sauvée, mais regagner la terre ferme sera le plus mortel des combats…

Sea, sex and Shark

Après avoir ses premières œuvres en exportant le savoir-faire propre au cinéma fantastique espagnol à Hollywood et s’être faire bouffer par celui-ci en se fourvoyant dans le Liam Neeson movie, Jaume Collet-Serra se lance dans un autre sous-genre estampillé série B, et généralement limité aux DTV : Le film de requin. Un défi casse-gueule tant le sujet n’a jamais su se démarquer de sa figure tutélaire, Les dents de la mer, sans sombrer dans la parodie, voire le grand n’importe-quoi (oui, vous l’aurez compris, je parle de Sharknado). Mais ici l’idée, assez astucieuse convenons-en, a été de mêler cette mise en scène de la squalophobie à un autre procédé filmique très en vue, le « survival immobile », dont les plus réussis sont 127h, Buried ou encore Piégé (certains y ajouteront Gravity ça se défend). Et quoi de mieux qu’une belle plage de sable fin et des eaux bleus turquoises, le tout baigné de soleil, pour pousser les spectateurs à s’enfermer devant un huis-clos à ciel-ouvert en plein été ?

the-shallows-Blake-Lively-contre-plongéeDeux scènes. Il n’en faut pas plus au réalisateur pour plonger le public dans un tel état de panique qu’une sortie précipitée de la salle pourrait être envisagée. Dès le pré-générique, le doute s’installe : Collet-Serra a-t-il eu l’affront de tourner son film en found-footage. Dieu merci non. Et seulement quelques minutes plus tard, après que l’on ait fait la connaissance de sa belle surfeuse, sa petite séance de sport extrême s’éternise dans une mise en scène clipesque que l’on espère rapidement voir prendre fin. On en vient à l’espérer ce foutu requin !  Et heureusement, il finit par arriver et alors on se souvient ce pour quoi on est venu. Pour Blake Lively en maillot deux pièces diront certains, et ce n’est pas faux. Le réalisateur lui-même semble prendre un soin tout particulier à nous faire profiter des formes généreuses de Mme Ryan Reynolds (c’était la petite info people du jour) comme il l’avait d’ailleurs pour Paris Hilton dans La Maison de cire. Le jeune espagnol sait décidément trouver ce que les Etats-Unis ont de plus aguicheur.

 Le monde de Nancy

Mais laissons de côté nos instincts libidinaux pour en revenir au face-à-face entre cette jeune femme et le requin. Entre l’Homme et la Nature pourrions-nous même dire. Indéniablement, le sens du cadrage du bonhomme, qui n’a finalement pas « que » le petit fessier de son actrice dans le viseur, et le pouvoir immersif de son monteur (Joel Negron, un fidèle à Michael Bay qui a récemment travaillé sur The Nice Guys) the-shallows-requinparviennent à installer une tension qui va perdurer jusque dans les dernières minutes. En réussissant à ne jamais faire apparaitre la menace au moment attendu, il réussit à créer son propre rythme, loin des conventions lourdement prévisibles des « films à jump-scares ». Un dispositif efficace qui a de quoi tenir le spectateur en haleine pendant les 85 minutes que dure le film. Guère plus malheureusement. Pourquoi ? Parce que le manque d’empathie envers la belle blonde nuit fortement au partage de ce sentiment de frayeur, comme cela avait pu être le cas dans Open Water qui utilisait un procédé similaire. Lui affubler un trauma et des études de médecine pour contrebalancer ses allures de potiche (et voilà, je vais encore me faire taxer de misogyne…) ne suffit pas à rendre le personnage attachant. On est encore loin d’en être à espérer la voir se manger  par le sélachimorphe, mais pas loin en revanche de préférer s’identifier à cette mouette, qui fait office de symbole que la Nature n’est finalement pas si hostile. Mention spéciale d’ailleurs pour le dresseur d’oiseau, car celui-ci –contrairement au requin– n’est pas en CGI. Notons également que, pour une fois, la bestiole subaquatique en 3D n’est pas trop moche à voir. Rien que ces deux arguments animaliers nous feraient presque fermer les yeux sur les failles de ce scénario aussi dépouillé que la tenue de son héroïne.

Nos attentes pour une édition collector

Toujours plus d’images de Blake Lively en petite tenue et filmée au plus près. What else?

The following two tabs change content below.

Julien DUGOIS

Je l'avoue je ne suis pas un accroc de galette bleue, je préfère me passer de bonus au profit d'une diffusion sur grand écran.

Derniers articles parJulien DUGOIS (voir tous)