[Critique] Tarzan (2016)

Tarzan Un film de : David Yates Avec : Alexander Skarsgård, Margot Robbie, Samuel L. Jackson, Christopher Waltz Après avoir grandi dans la jungle africaine, Tarzan a […]

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Un film de : David Yates

Avec : Alexander Skarsgård, Margot Robbie, Samuel L. Jackson, Christopher Waltz

Après avoir grandi dans la jungle africaine, Tarzan a renoué avec ses origines aristocratiques, répondant désormais au nom de John Clayton, Lord Greystoke. Il mène une vie paisible auprès de son épouse Jane jusqu’au jour où il est convié au Congo en tant qu’émissaire du Commerce. Mais il est loin de se douter du piège qui l’attend. Car le redoutable belge Leon Rom est bien décidé à l’utiliser pour assouvir sa soif de vengeance et sa cupidité…

Après nous avoir gratifié des 4 derniers épisodes de la saga Harry Potter (de Harry Potter et l’Ordre du Phénix à Harry Potter et les Reliques de la Mort : Partie 2), David Yates revient avec une légende déjà traitée par Disney ainsi que par Christophe Lambert : Tarzan.

Le seul et unique Roi de la jungle

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Alexander Skarsgård

Pour annoncer dès le début de la critique : à tous ceux qui iront en salles avec le film Disney en tête, faites-le sortir de votre crâne, car ici l’œuvre est basée sur le roman de 1912 d’Edgar Rice Burroughs : Tarzan seigneur de la jungle, et développe l’une des histoires vécues par le personnage après qu’il soit retourné en Angleterre. Ceci signifie donc : pas d’île, pas de Clayton (enfin, de méchant car Clayton est le nom de famille du héros), pas de gorilles qui parlent, etc. Le film se veut donc être plus proche d’un Greystoke, la légende de Tarzan de Hugh Hudson.

Concernant le public visé, nous sommes face de nouveau à un divertissement d’action destiné à un public jeune (quoique quelques images dures pour des enfants dans certains passages, notamment le tout début). Et comparé à Ninja Turtles 2 de Dave Green déjà critiqué sur le site, cet étron honteux, nous sommes à un niveau de qualité et de présentation de produit très, voire largement supérieur.

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Margot Robbie

Durant tout le film, on sent une véritable envie de bien faire, une volonté de rendre une œuvre travaillée, non dénuée d’intérêts, et cela se voit : la photographie est très travaillée, surtout dans les phases nocturnes (et semble également influencée par une autre œuvre dont nous parlerons plus bas), il y a pas mal de bonnes idées de mise en scène (qui s’inspire également de d’autres films), les acteurs n’en font ni trop, ni pas assez, et les personnages qu’ils incarnent évitent les clichés, sans pour autant les ignorer à tout prix (le cliché n’est pas un tabou, il doit juste être traité de la bonne manière).

Concernant les inspirations évoquées ci-dessus, pour les phases de jour, notamment sur la bateau où est prisonnière Jane, on ressent une influence de la photographie et de la mise en scène du Valhalla Rising de Nicolas Winding Refn, avec l’utilisation de la brume en tant qu’outil oppressant (mais pas autant que dans le film de Refn). Certaines scènes sont également très inspirées de Steven Spielberg, notamment celle avec les autruches rappelant Jurassic Park, ou encore les scènes d’attaque dans la forêt rappelant Il Faut Sauver Le Soldat Ryan ou même Predator de John McTiernan. Certains plans ressemblent également très fortement à ceux d’Out of Africa de Sydney Pollack. L’écriture des personnages semble également avoir été influencée par les films de Quentin Tarantino (en témoigne les présences de Samuel L. Jackson et de Christopher Waltz dans le cast).

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Samuel L. Jackson

Parlons des personnages justement. Si Alexander Skarsgård (Tarzan) et Margot Robbie (Jane) collent et s’adaptent parfaitement à leur rôle, ils semblent cependant avoir un certain décalage avec Samuel L. Jackson (George Washington Williams) et Christopher Waltz (Leon Ron), les deux acteurs apparaissant trop… « tarantinesques » pour le film. En effet, notre bon vieux Samuel pète à certains moments tellement le feu, balance des répliques à tout va et se comporte tel un cowboy dans la savane, qu’il efface des fois Alexander Skarsgård, mais semblerait beaucoup plus coller à un western qu’à Tarzan. Il en est de même pour Christopher Waltz qui joue… du Christopher Waltz, c’est-à-dire un gros vilain méchant, mais très charismatique (Inglorious Basterds, Django Unchained, Spectre…), alors que nous savons parfaitement qu’il est capable de jouer d’autres choses, mais semble ici avoir été enfermé dans sa petite case (comme Jack Nicholson et ses rôles de malade mental).

Et juste pour soulever un autre petit problème, il y a quelques incohérences dans le script (bateau qui fait naufrage dans l’océan mais Tarzan se retrouve au beau milieu de l’Afrique, Samuel L. Jackson qui dit avoir rencontré le Roi de France en 1890 alors que nous sommes dans la IIIème République…), mais cela interfère très peu avec le récit qui nous est proposé.

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Christopher Waltz

De façon générale, le spectacle est très diversifié, évite les répétitions de scènes d’action fades, les effets spéciaux sont utilisés à bon escient et donnent des décors vertigineux, voire très beaux pour certains. De plus, contrairement à Ninja Turtles 2, le film évite de prendre ses jeunes spectateurs pour des vaches à lait, cherche à nuancer son propos et essaie de le traiter avec délicatesse, avec la tendance actuelle de voir du racisme ou du sexisme partout dans les films (de nombreuses critiques ont déjà appuyé le racisme du film. On n’a pas dû voir le même.). Le spectateur se verra même esquisser à quelques moments des souvenirs nostalgiques durant les scènes de flashbacks rappelant l’enfance de Tarzan, et rappelant également notre enfance avec le film de Disney de 1999.

Un très bon divertissement qui nous est proposé ici et qui permet de nuancer quelque peu un début d’été catastrophique au niveau qualité dans les grosses productions américaines (encore et de nouveau, coucou Ninja Turtles 2 et également Nos pires voisins 2).

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