[Critique] Star Wars – Le Réveil de la Force

Star Wars – Le Réveil de la Force Titre original : Star Wars – The Force Awakens Un film de : J.J. Abrams Avec : […]

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Star Wars – Le Réveil de la Force

Titre original : Star Wars – The Force Awakens

Un film de : J.J. Abrams

Avec : Daisy Ridley, John Boyega, Harrison Ford, Carrie Fisher, Oscar Isaac, Adam Driver, Lupita Nyong’o, Andy Serkis, Anthony Daniels

Dans une galaxie lointaine, très lointaine, un nouvel épisode de la saga Star Wars, 30 ans après les événements du Retour du Jedi. Rey et Finn, deux personnages aux origines différentes se retrouvent embarqués dans une aventure palpitante au cours de laquelle ils croiseront la route de personnages mythique tels que Han Solo. Ils devront affronter un nouvel ennemi : Kylo Ren. 

Toute la difficulté de cette critique tient de la hype que le film a générée. En effet, aujourd’hui, comment savoir où est la limite du spoiler. On va considérer que rien ne peut être dévoiler en dehors de ce que la promotion a pu montrer, à savoir les trois bandes-annonces. Cependant des spoilers étant présents, ils seront balisés, donc ne cliquez que si vous avez vu le film, sinon… fuyez pauvres fous ! (oh oh, wrong movie)

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Star Wars, une histoire mythologique.

Le scénario de Star Wars VII à été co-écrit par JJ Abrams & Lawrence Kasdan. On doit à ce dernier les histoires des Épisodes V et VI, ou encore du premier Indiana Jones. L’idée qu’il revienne avait de quoi rassurer les réfractaires des histoires politiques de la prélogie. Avec un CV où il est écrit qu’il sait mettre en forme un film d’aventure pure, Lawrence Kasdan comme co-scénariste semble totalement judicieux et rassurant. Pour le coup, nous sommes clairement face à un space-opéra ultra immersif d’aventure. Reprenant certains schémas classiques des histoires mythologiques comme le voyage initiatique du héros, ou encore la transmission de l’héritage au nouveau par l’ancien. C’est bien la thématique principale de l’œuvre : la transmission mythologique. On avait pu la retrouver dans l’Épisode IV, avec Obi-Wan Kenobi, figure du passé transmettant l’héritage Jedi au jeune Luke Skywalker. Ici, le schéma se fait par la relation entretenue avec les personnages de la trilogie originale et les nouveaux, principalement Rey et Finn. Cependant le schéma narratif ne se montre pas similaire que sur ces seuls points. En effet Le Réveil de la Force copierait presque certaines situations des Épisodes IV et V. Ce qui peut gêner certains puristes, accusant -sans avoir forcément tort- une certaine flemme scénaristique. Mais d’un autre coté, c’est l’histoire de Star Wars qui est comme cela, en mettant en scène les répétitions de l’Histoire, tout en faisant un parallèle avec notre présent. La prélogie c’est la montée d’un simili-régime nazi : l’Empire. La trilogie c’est la domination de cet Empire, en racontant le combat des résistants. Cette « post-logie » devrait raconter en toute logique les héritiers de cet Empire, ici le Premier Ordre. Ainsi que comment, en 30 ans, le mythe résistancialiste a évolué. La mise en scène le rappelle de manière explicite, en s’inspirant notamment de l’allemande Leni Riefensthal pour ses films de propagande nazis comme Le Triomphe de la Volonté.

Star Wars: The Force Awakens First Order Troopers Ph: David James © 2015 Lucasfilm Ltd. & TM. All Right Reserved.

Si cette interprétation peut paraître lourde, rappelez-vous que ce sont aussi des films avec des princesses et des chevaliers. Le génie de Star Wars tient dans son histoire : synthèse anachronique, réunie sous la bannière de la mythologie moderne occidentale. De plus, ce septième épisode possède une touche d’humour très bien dosée qui offre de la légèreté à l’aventure. Il se situe loin de la lourdeur Marvel, ce dont on aurait pu avoir légitimement peur, Disney étant l’investisseur commun. De manière générale, on pourra cependant lui reprocher certaines ficelles scénaristique très mal dissimulées et faciles, notamment sur la fin. Un Deus Ex Machina vient accélérer la conclusion de manière trop poussive, ce qui est dommage.

L'explication du Deus Ex Machina...

Le Réveil de la Force c’est aussi le plaisir de retrouver les anciens personnages mythiques de la trilogie. Qu’ils soient plus ou moins importants, leurs apparitions font sourire, ou bien impressionnent. Harrison Ford ou Carrie Fisher prennent en maturité, on se rend compte qu’ils n’ont pas seulement vieilli, mais qu’il s’est passé des choses durant ces 30 années d’absence. Par extension, l’introduction des nouveaux personnages est tout aussi plaisante. Rey et Finn forment un duo intéressant, les deux personnages sont très attachants et l’on devine qu’ils ont bien des choses à nous dévoiler encore. Parmi des personnages plus secondaires, nous avons Poe Dameron joué par Oscar Isaac, qui est ici un pseudo Han Solo fort sympathique, mais légèrement sous développé. Enfin, nous avons le droit à une sorte de Yoda en la personne de Maz Kanata, petite créature numérique qu’on attend de voir développée par la suite. Pour autant la déception des personnages, vis à vis de son importance marketing, est la Capitaine Phasma qui est clairement sans intérêt. Le personnage est présent lors de deux séquences, alors que son potentiel est tellement plus important. De plus il faut dire que ce nouveau personnage était très classe, ce qui en accentue la déception. Enfin, le méchant du film, Kylo Ren est-il le digne héritier de Dark Vador ? Le film permet de répondre à la question de manière détournée et habile, puisque c’est justement cette question que se pose le film et le personnage lui-même. On ne cache pas que certains pourront être déçus par son traitement, mais il a énormément à revendre. Il est parfaitement développé dans le film avec cette idée de personnage déchu et impulsif qui cache des choses. La direction que prend cette nouvelle trilogie au niveau des personnages est très prometteuse. Les interprétations sont pour toutes, justes, mention spéciale à Daisy Ridley qui crève l’écran. Mais, honnêtement, ce n’est rien comparé à BB-8, le nouveau petit droïde est simplement parfait. Attachant et drôle, il ne déçoit absolument pas et on l’adopte dès les premières minutes.

« Les Jedis, La Force… Tout est vrai! »

017558Le jeu amusant que le film peut provoquer est celui qui consiste à partir à la recherche des acteurs connus et cachés sous les maquillages. Daniel Craig fait notamment un caméo sous le masque d’un Stormtrooper. Ce qui nous amène au travail des costumes et maquillages qui est impressionnant. Cela participe à l’intention revendiquée d’un film fait « à l’ancienne ». La diversité de ce travail est notamment illustrée lors d’une séquence dans une auberge. Cette authenticité est visible aussi dans les décors, qui paraissent vrais à l’écran. Pour autant on arrive à deviner en quoi ils ne sont pas totalement réalistes. Cependant nous nous prenons au jeu de cette facticité en l’admettant. Cela grâce au concours du grain de la pellicule qui domine de manière aléatoire l’œuvre. Tout cela se devine comme un pied de nez certain à George Lucas. En effet, lors de la prélogie il n’avait pas manqué de tourner la quasi-intégralité des films sur fonds verts et avec des caméras numériques. Ces techniques étant neuves et peu abouties à l’époque, aujourd’hui, la prélogie a paradoxalement bien plus vieilli que la trilogie. Cependant cet esprit « old ways » du Réveil de la Force, s’inscrit dans une démarche qui a tendance à se demarginaliser actuellement à Hollywood. Les figures de proue étant Nolan, Tarantino ou encore Abrams – fidèle à l’esprit 80’s de ses films et donc à l’argentique. La bonne nouvelle est que Star Wars VIII sera, lui aussi, tourné en argentique.

SPOILER : De plus, concernant le pied de nez à George Lucas...

Pour continuer dans cette idée globale, on note le retour pour cet épisode de John Williams à la musique. Pour au final constater un résultat nuancé. Tout le long de l’épisode VII, la musique se montre étonnamment discrète, faisant contraste avec l’utilisation de celle-ci lors des épisodes précédent. Si les thèmes principaux restent présent, on notera -avec un peu de déception- que peu de nouveaux thèmes sont marquant. Alors qu’on peut chantonner sans problèmes la musique associée à Dark Vador, on aura bien plus de difficultés à le faire avec Kylo Ren. Cependant John Williams conserve son immense talent, et cela se remarque lors d’envolées magnifique, par exemple sur la musique finale ou le thème de Rey. Une majesté que l’on retrouve bien mieux en écoutant l’OST seule.

J.J. Abrams, réalisateur aux bonnes idées.

Star Wars: The Force Awakens Ph: Film Frame © 2014 Lucasfilm Ltd. & TM. All Right Reserved..

Cette démarche de respect de l’ancien peut être associée en partie (mais pas totalement) à son réalisateur : J.J. Abrams. Ayant d’abord refusé le projet, il l’accepte finalement et s’y plonge en se présentant comme un vrai fan, respectueux de l’univers. Cependant, cette idée à divisé les puristes, qui lui reprochaient un possible surplombage stylistique au classicisme de Lucas. Alors… NON, il n’y a pas de Lens Flare sur chaque plan. Vous savez, ces effets de diffraction lumineuse esthétique sur l’image qui ont envahi Star Trek par exemple. Cependant, ils sont bien présents, mais beaucoup plus discrets. On obtient alors, et pas simplement du déblayage des flares, une sensation de synthèse entre la caméra posée de Lucas, qui avait tendance à capter les mouvements de personnages dans le cadre et la caméra plus vive d’Abrams, qui, lui préfère capter les mouvements de cadres. Deux idées antagonistes, ici synthétisées par la capacité d’Abrams à doser son film. On lui doit certains plans magnifiques, notamment sur Jakku, ou encore des plans débullés ou de longs travelling rapides.

Le parti pris de ce film est de faire un vrai space opera d’aventure, ce qu’était Un Nouvel Espoir. De cette idée d’aventure, le film ne s’arrête jamais, aucun temps mort et l’histoire file droit. Ce qui pourrait poser cependant un petit problème de rythme. Parce que si l’on est assurément diverti du début jusqu’à la fin, on ressent tout de même une légère longueur en milieu de film, nécessiteuse au développement des personnages et à l’instauration de certains éléments de l’intrigue. Le rythme ne se posant pas, cela empêche l’émergence, sur le coup, de situations mémorables. Cependant on gardera des idées de mise en scène, telles que le son viscéral associé au sabre laser de Kylo Ren. De plus le film s’envole très souvent durant les séquences d’action, notamment une course poursuite avec le Faucon Millénium, on y voit alors une vraie maîtrise du rythme, du découpage et de l’épique… mais pas de génie. C’est à dire que J.J. Abrams a réussi -du fait de son talent certain- à placer Star Wars : Le Reveil de la Force dans la tranche très haute des blockbuster actuels, mais n’atteint jamais le stade de grand film. Alors que parmi la saga, on peut compter au moins deux grands films : les Épisodes IV & V. En comparaison cette année, Mad Max Fury Road était un très grand film, avec du génie. Cependant, on ne boude nullement son plaisir devant cet épisode, et on découvre quelque chose de rassurant : les bases posées ont de quoi amener du génie pour les suites. Cependant, si on peut avoir confiance pour l’épisode suivant, la conclusion qui sera théoriquement réalisée par le yes-man Colin Trevorrow, peut faire douter.

Ce n’est que le début…

535708Paradoxalement et pour conclure, Star Wars VII ne pourra être jugé que sur la globalité de la trilogie annoncée. On sent venir la fresque imposante, épique et grandiose. Concoctés à l’avance, les fils rouges de cette nouvelle saga sont déroulés avec panache, retenue et hommage et il faudra attendre leurs résolutions pour la juger. Entre personnages attachants, retours d’anciens jouissifs, et légendes mythiques, cette nouvelle trilogie, si elle est de qualité similaire au Réveil de la Force, en plus d’une émotion qui irait crescendo, sera parfaite. Dites-vous bien que ce n’est que le début, et qu’il y a encore les deux tiers de l’histoire à compléter, rien de plus palpitant.

Nos attentes pour le Blu-ray :

Un long making of, qui reviendrait sur le retour de la saga, en passant par l’écriture du scénario, au tournage et jusqu’à l’enregistrement de la musique ou la promotion. On a bien de quoi avoir plusieurs heures.

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Guillaume DE CASTRO

Etudiant en cinéma, ma passion pour le cinéma est présente chez moi depuis toujours. La galette bleue est actuellement le meilleur moyen de vivre des sensations proche du grand écran aujourd'hui, c'est pourquoi je l'aime particulierement.

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