[Critique] Le voyage d’Arlo

Le voyage d'Arlo ou Le petit dinosaure de Disney.

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Le voyage d’Arlo

Titre original : The good dinosaur

Un film de : Peter Sohn

Avec les voix de : Frances McDormand, Neil Patrick Harris, Raymond Ochoa, Peter Sohn, Jeffrey Wright, Anna Paquin, Sam Elliott, A.J. Buckley

Alors que le météore qui devait éradiquer les dinosaures n’a jamais heurté la Terre, Arlo, jeune diplodocus, peine à surmonter sa peur panique du monde extérieur. Emporté malgré lui loin de la maison familiale, le petit dinosaure devra profiter de l’aventure qui s’offre à lui pour apprendre à grandir, et espérer un jour retrouver les siens.

Il était une cent trente quatrième fois…THE GOOD DINOSAUR

Après la déferlante de génie créatif offerte par Vice-Versa, les studios Disney/Pixar étaient attendus au tournant. Force est de constater que Le voyage d’Arlo n’est pas bâti pour souffrir la comparaison de son illustre prédécesseur. Si la technique est sans faille, l’ingénieuse idée de base demeure totalement sous exploitée – notez l’absence d’intérêt qu’elle constitue dans le pitch -, sacrifiée au profit d’un scénario académique au possible, qui échouera à provoquer la moindre surprise chez quiconque a déjà vu, lu, ou entendu un récit de chez l’ami Walt. Les larmes sont versées sans finesses, à grands coups de ces gros ressorts que l’on a déjà vus cent fois, répétant cet éternel schéma du film familial à l’américaine, fort de ses valeurs bien ancrées aux quatre coins des cultures du globe. Tout est déjà vu, tout retentit comme les contes un peu fades d’une grand-mère sénile, qu’on écoute parce qu’on l’aime encore, et qu’on la sait capable, dans ses moments, de nous confectionner les meilleurs desserts du monde. Le problème, c’est que Disney n’est pas une grand-mère, mais une major grassement fournie en têtes pensantes, et n’a donc pas l’excuse de la sénilité. Au vu de la bonne qualité générale de leur production récente, on est tenté de ranger Le voyage d’Arlo au rang des laissés pour compte, un petit frère mis de côté pour satisfaire aux énormes moyens consacrés à Vice-Versa. Et ça, ça n’est pas une belle chose à faire.

7778587094_le-voyage-d-arlo-sortira-le-25-novembre-en-franceLe film n’est cependant pas dénué de bonnes idées ; l’intelligence visuelle n’est jamais à l’amende, et si certains cadres en feront tiquer plus d’un, la plupart des gags répondent à leur mécanique bien huilée. Petit plus pour cinéphiles, traitant comme on l’a dit des valeurs fondatrices de la patrie américaine, le récit se pare des dorures de son genre le plus représentatif, et offre aux westerns des origines quelques clins d’œil bien pensés. Maigre consolation pour les aficionados, mais vu le peu d’audace de l’ensemble, c’est toujours ça de pris.

Reste une agréable séance pour les tous petits, et les parents qui trouveront l’envie de redécouvrir cette histoire cent fois contée. À ceux-là, on conseillera cependant un DVD du Roi lion, du Petit dinosaure ou du Fievel de Don Bluth. La même, en mieux.

Crédit images: © Disney / Pixar

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Nicolas Cengarle

Bof.